DDT de l’Aube déclaration liminaire au CSA du 24 septembre 2026
Ces crises racontent une même histoire : celle d’un monde où l’on a laissé les marchés décider. Depuis près d’un demi-siècle, une même idée s’est imposée : le marché serait plus efficace que la puissance publique, la concurrence plus vertueuse que la coopération, la rentabilité de court terme plus rationnelle que l’investissement de long terme. Il fallait déréguler, privatiser, ouvrir à la concurrence, réduire les prélèvements, flexibiliser le travail, limiter l’intervention de l’État, supprimer des services publics et débrider le pouvoir des seigneurs de la financiarisation de l’économie et de leur cour.
Le laisser-faire est devenu une doctrine de gouvernement. Ses instigateurs promettaient davantage de prospérité, plus d’efficacité, une richesse qui finirait par profiter à tous. Le résultat est sous nos yeux. Sans appel.
Une crise climatique, sociale et démocratique qui percute nos vies. C’est le prix exorbitant du cumul des richesses pour les plus fortunés, mais pour les travailleuses et travailleurs, c’est le cumul des reculs. Quand le train disparaît ou que son prix le rend inaccessible, que les réseaux de bus deviennent inopérants, les routes vieillissantes et que le gazole atteint 2,35 € le litre début septembre 2026… Pour des millions de salariés, pas de voiture, c’est pas d’emploi, pas de train, c’est pas de formation. Sans transports publics dignes de ce nom, des territoires entiers sont assignés à résidence. C’est un véritable confinement social et économique.
Pendant que les fonctionnaires comptent les centimes à la pompe, Total Energies compte les milliards. Les responsables politiques qui ont organisé les privatisations et abandonné notre souveraineté énergétique viennent aujourd’hui jouer les pompiers après avoir allumé l’incendie. Et pourtant, rien ne change. Nous avons perdu 30 % de pouvoir d’achat depuis 2000 alors que les dividendes battent des records. Les mêmes renoncent à partir en vacances, plus nombreux.euses chaque année, parce que les prix des transports, de l’énergie ou de l’hébergement explosent. Les mêmes renoncent à des soins, reportent un projet immobilier, aident leurs enfants plus longtemps qu’ils ne l’avaient imaginé. Les mêmes travaillent toujours davantage sans avoir le sentiment d’avancer.