DREAL Auvergne-Rhône-Alpes déclaration liminaire et compte-rendu du CSA du 17 mars 2026
En févier 2022, le gouvernement russe affirmait qu’il contrôlerait l’Ukraine en quatre jours, tout comme en 1914 les gouvernements français et allemand affirmaient respectivement que leurs armées seraient à Berlin et à Paris en dix jours. Nous savons tous ce qu’il en a été… Fort de ces expériences, et désirant réaffirmer leur prééminence impériale par une démonstration de force, les USA et leur proxy au proche orient ont lancé une guerre contre l’Iran. Notons que tout comme le gouvernement russe avant lui, le gouvernement des USA a démocratiquement oublié de demander à sa population ce qu’elle en pensait avant de débuter la guerre.
Bien sûr, nul ne pleurera les caciques du régime iranien qui portent encore sur leurs mains le sang frais de la répression de leur population en début d’année. Mais c’est bien cette même population qui est désormais sous les bombes américaines et israéliennes. Bien sûr, l’état iranien riposte et frappe logiquement là où cela fait plus mal : sur le goulet du commerce mondial qu’est le détroit d’Ormuz dont il contrôle une des deux rives et sur ses voisins qui hébergent les bases qui servent à frapper le pays. Même si cette guerre dure depuis moins d’un mois, nul ne se risquera désormais à pronostiquer sa durée, pas plus que ses développements futurs, y compris l’envoi de troupes au sol.
Ce qui est toutefois bien visible, c’est le bourrage de crâne, la censure militaire et le brouillard informationnel : Les frappes sur l’Iran sont systématiquement annoncées comme faisant des dégâts considérables alors que les effets des ripostes iraniennes sont minimisées… et que la censure militaire s’abat férocement sur les personnes sur place qui s’avisent de les filmer ou les documenter. De même, dans les médias, de prétendus spécialistes défilent pour dire tout, son contraire et l’inverse le lendemain, histoire d’être sûr que le maximum de monde n’y comprenne rien.
Dans cette guerre, le positionnement du gouvernement français est loin d’être clair : envoi de l’unique porte-avions du pays en Méditerranée orientale à portée de drones iraniens, affirmation de se limiter à des opérations défensives… mais qui pourraient être des bombardements sur des sites de stockage de missiles en Iran. On a même pu penser à un moment que les accords de défense avec les Émirats du golfe persique allaient être activés. Bref, pour le gouvernement français, dans cette guerre, la notion de défense est très élastique. Il serait en tout cas une erreur grave de considérer que cette guerre lointaine ne nous concerne pas. Déjà le suzerain américain appelle ses vassaux… pardon, il faut dire « alliés », à aller « sécuriser » le détroit d’Ormuz, c’est-à-dire aller prendre des risques considérables à portée de tir des canons iraniens. L’explosion des dépenses d’armement au détriment des besoins de la population dans tous les pays, y compris en France, n’annoncent rien de bon et prépare d’évidence une guerre prochaine. La CGT rejette cette perspective qui se fera sur le dos des travailleurs au profit des actionnaires du complexe militaro-industriel qui se remplissent déjà les poches de manière éhontée.