DREAL Auvergne-Rhône-Alpes déclaration liminaire et compte-rendu du CSA du 12 octobre 2026
Depuis le 21 septembre, des lycéens bloquent leurs établissements. Ils ont pour cela de bonnes raisons : classes de plus de trente-cinq élèves, professeurs manquants, bâtiments dégradés, avenir dans le supérieur obéré par un dispositif Parcoursup aussi opaque qu’injuste.
La mobilisation en cours est porteuse d’enjeux d’avenir pour tout le pays : la CGT exige du gouvernement qu’il apporte immédiatement des réponses à la hauteur des revendications. Le « temps démocratique » qu’il a prétendu ouvrir a complètement échoué : il n’a ni permis un véritable dialogue, ni débouché sur des réponses concrètes aux attentes des jeunes. L’annonce de 3 000 postes d’enseignants supplémentaires reste très insuffisante au regard des besoins, d’autant que la réalité de ces postes demeure largement floue. Les organisations de jeunesse ont des revendications claires que nous partageons : il faut un plan massif de recrutement pour garantir des enseignants dans chaque classe et renforcer les personnels de santé, d’accompagnement et d’orientation. Il faut aussi mettre fin à la sélection par Parcoursup et Mon Master, créer des places supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Enfin, les jeunes doivent pouvoir étudier dans des établissements correctement entretenus, adaptés au changement climatique, bénéficier de bourses et d’aides au logement à la hauteur de leurs besoins et accéder à une alimentation digne. La jeunesse ne demande pas des consultations sans lendemain, et ne crois pas aux promesses vides de sens. Elle attend maintenant des mesures concrètes pour que l’égalité des chances ne soit pas un mot creux énonce avec componction sous les lambris dorés des ministères, mais bien une réalité dans tous les lycées.
Près de 7 000 gardes à vue ont été recensées, pour nombre d’entre elles, il s’agit d’intimidations sans lien avec des actes de malveillance. En outre des violences policières sont clairement documentées. La CGT, avec de nombreux autres syndicats et partis politiques, exige que le gouvernement cesse cette répression et change totalement sa doctrine de maintien de l’ordre. La jeunesse n’est pas un ennemi de l’intérieur comme le pense tout haut la macronie finissante, ou des « cafards » comme l’a aimablement qualifié le gouvernement indien, lui aussi confronté à un mécontentement profond, mais l’avenir. Les libertés syndicales et le droit de manifestation doivent être respectés : aucune personne, aucun jeune, ne doit être sanctionné pour avoir exercé ses droits !
Mais les lycéens ne sont pas les seuls à être mécontents. L’inflation explose et il suffit de remplir un réservoir de carburant pour le mesurer. Depuis 1973 et ce qui a été baptisé « premier choc pétrolier », tous les gouvernements successifs savaient les risques d’augmenter la dépendance énergétique. Pourtant c’est cette voie qu’ils ont choisie : périurbanisation, zoning, étalement urbain, démantèlement des transports et services publics dans les espaces ruraux. Tout a été fait pour que l’immense majorité de la population soit enchaînée à l’usage de la voiture. Cette dépendance, les premiers à la payer, c’est ceux qui peuvent le moins la supporter : les travailleurs relégués aux franges du périurbain lointain dont le budget carburant était déjà excessivement élevé avant même la hausse des prix. Cette inflation du prix de l’énergie va progressivement se diffuser dans toute l’économie et, en dehors des plus riches, c’est bien toute la population qui va en sentir durement les effets.