DREAL Auvergne-Rhône-Alpes déclaration liminaire et compte-rendu du CSA du 30 juin 2026
La canicule nous aura au moins permis de découvrir que nous avons une ministre de l’Écologie. En effet, tel le lézard des murailles, elle ne se montre visiblement que quand la température dépasse les 40 °C. Et encore, ses apparitions restent très furtives, prête à retourner à se cacher très vite entre deux pierres en cas de menace. Il faut dire que c’est finalement à l’image du portage politique de l’écologie par le gouvernement qui, visiblement, pense comme un ancien président de la République que « l’écologie, ça commence à bien faire ».
Petit à petit, nous assistons à un affaiblissement généralisé des politiques écologiques qui mettent à mal non seulement l’environnement, mais aussi la santé. La loi dite « Duplomb », le projet de loi « d’urgence agricole » ne visent qu’à satisfaire quelques agro-industriels voulant s’accaparer les ressources pour produire toujours plus, non pour la consommation humaine, mais pour pouvoir faire toujours plus d’agro-carburants, bien plus rentables. Nous voyons ainsi se mettre en œuvre l’accaparement des ressources en eau avec les mégabassines, quitte à préparer l’assoiffement de régions entières. C’est aussi l’épandage de plus en plus massif d’intrants agricoles, que ce soit des engrais excessivement chargés en métaux lourds ou de pesticides plus toxiques les uns que les autres. Les quantités épandues outre l’empoisonnement de la vie, risquent de stériliser à terme les terrains qui les reçoivent.
Mais ce ne sont pas les seules attaques contre l’écologie. Après l’OFB, empêchée dans ses missions de contrôle, comment ne pas évoquer le projet de démantèlement de l’ADEME dont les DREAL devraient reprendre une partie des missions qui ne seraient pas abandonnées. DREAL qui sont d’ailleurs elles-mêmes l’objet d’attaques incessantes, sur l’application des politiques environnementales et leurs moyens. Alors que les questions de maîtrise de la consommation d’énergie, du changement climatique et de la gestion de ses conséquences mais aussi de préservation des espaces naturels et de la biodiversité sont de plus en plus prégnantes, l’absurdité de l’affaiblissement des politiques environnementales est une évidence… sauf pour le gouvernement et quelques capitalistes préoccupés par leurs profits immédiats.
Le gouvernement a aussi réduit et annulé massivement les crédits du « fond vert » destiné à financer l’adaptation des équipements et infrastructures des collectivités locales au changement climatique alors que dans les jours qui suivent une canicule exceptionnelle frappe tout l’ouest de l’Europe. Mis face à sa faute politique évidente, il va même jusqu’à accuser l’opposition d’avoir supprimé lesdits crédits… sans bien évidement en envisager un quelconque rétablissement. Le ridicule ne tue pas. Mais bon, grâce au rythmé médiatique effréné, dans quelques semaines d’autres sujets nettement plus importants comme le football ou le tour de France feront bien vite oublier cette canicule extraordinaire tout comme les catastrophes suivantes et même, avec un peu de chance, l’impéritie du gouvernement dont les livraisons de climatiseurs dans les hôpitaux ressemble furieusement à celles de masques en 2020…